Synopsis du film (Mireille Berger pour auteur)
L'AFFAIRE CHANTAL
CABARETIER, CHEF DE
.
La révolution de
Un événement fort savoureux, pittoresque même, s'est déroulé dans notre petit village, entraînant dans cette histoire quelques paroisses voisines, celle de Lacropte en particulier. Nous avons étudié une grande partie des archives relatant cette « rébellion » très gauloise, avec tous les détails donnés par les témoins lors du procès intenté à l'auteur principal de cette sympathique jacquerie : Louis Chantal, Cabaretier de son état, Chef de Milice à Cendrieux.
1788-1789
La tension monte dans les campagnes de France, principalement dans celle du Périgord, la plus pauvre du pays. Les paysans, petits métayers, n'acceptent plus les charges de plus en plus lourdes qu'ils doivent payer aux Seigneurs. Cette révolte contenue depuis très longtemps monte peu à peu. La situation économique exsangue, la campagne réduite à des friches incultes alors qu'elle était autrefois « le Verger » du Royaume, la famine, les épidémies, la misère en somme, autant de facteurs qui ont décimé la population du Périgord à plusieurs reprises depuis la fin du XVIIème siècle.
Une grande rancœur gagne les paysans, les petits métayers, les gens du peuple, contre tous les symboles de la bourgeoisie et la noblesse souvent exemptées de charges.
À paris, ce malaise gagne toutes les couches de la population et fait réagir le Roi qui convoque les états généraux et fait élire, dans chaque paroisse, des députés qui représenteront les trois classes : la noblesse, le Clergé et le Tiers Etat ; débute alors la rédaction des cahiers de doléances ...
Notre histoire commence là, par l'évocation de cette misère qui règne dans la commune : un orage dévastateur pendant l'été 1788, un hiver 89 parmi les plus rudes du siècle, ont aggravé la pauvreté dans nos campagnes. Des rebellions éclatent lors des marchés aux grains vendus à des prix exorbitants ; l'anarchie règne, les autorités ne peuvent plus contenir les jacqueries qui naissent ça et là. Le gouvernement alerté, décide l'élection de MILICES, élues par le peuple, dans chaque paroisse.
À Cendrieux, le seul candidat, le sieur Bernard De Sénaillac du Parc, ancien gendarme, est élu à
Puis vint l'annonce de la prise de la Bastille, comme un espoir pour les gens du peuple, un espoir de libération contre ce qu'elle représente : l'enfermement arbitraire. C'est une courte fête et une rumeur se répand très vite :
La troupe de Chantal se précipite ensuite dans l'église, sort les chaises réservées aux riches : les miliciens entassent leur butin sur la place et y mettent le feu : tout le monde danse autour des flammes; d'abord la milice avec son tambour, puis la foule qui se joint à eux.
Par ordre du gouvernement, les milices nommées doivent prêter serment devant la municipalité : ce que refusent Marcillaud et le curé qui prend le parti du maire. Chantal se sait alors d'une autorisation de l'épiscopat pour faire bénir son drapeau par le curé devant Dieu. Refus du Curé, émeute dans l'église… Finalement le curé, craignant un débordement, bénit le drapeau à contre cœur ; les partisans du Maire quittent la cérémonie « pour ne pas voir ça ! ».
Dans le village, les deux bandes s'affrontent quotidiennement, notamment quand De Sénaillac fait lecture de la note du gouvernement qui organise la fête de la fédération à Périgueux, une fête où toutes les milices du département devront prêter serment devant les autorités. Paulhiac, du parti de Chantal, menace De Sénaillac ; des injures fusent et De Sénaillac s'enfuit. Chantal, assisté de sa troupe décide alors de faire une descente en sa demeure, et demande l'aide de son ami de Lacropte.
La troupe de Chantal est accueillie par dame De Sénaillac et son frère infirme. Le maître des lieux ayant préféré courir se cacher avec Marcillaud, dans les bois tout près. Chantal et sa troupe s'en retournent au bourg.
La fête de la fédération approche. Louis demande à nouveau l'aide de Lestant car il craint que la troupe adverse n'engage quelque action contre lui et sa troupe. De Sénaillac voulait récupérer quelques déserteurs. Connaissant du monde à Périgueux, il envoie un coursier pour devancer Chantal, et prévenir les autorités qu'une bande d'excités se rend à la fête de
Dans le vallon d'Atur, les miliciens s'arrêtent pour boire quelques gorgées. Malgré les recommandations de Chantal, l'un d'eux tire une salve avec son fusil. Chantal avait bien demandé à chacun de rester digne et de ne faire aucun débordement, pour montrer l'exemple.
La fête de la fédération se déroule comme prévu. Chantal et ses hommes respectent les consignes. Chantal prête serment comme tous les chefs de milices du département.
Vient le discours de Des Granges, qui fait allusion aux débordements de Chantal, et à ceux qui recommandent de ne pas payer les rentes, et réclamer que ceux-ci soient punis par la prison.
La troupe repart après la fête, s'arrête dans le cabaret tenu par une amie de Lestang. Là. Un ami vient de Vergt pour avertir Chantal que quelque chose se trame, « là-bas parmi les autorités », « qu'il était question d'une plainte et de prison ».
Le lendemain matin, quatre gendarmes viennent saisir Chantal et le jette en prison après qu'un brigadier l'ait interrogé.
Le procès traîne en longueur: Chantal reste neuf mois emprisonné. Finalement, la magistrature change au moment du procès. De Sénaillac et quelques notables de Cendrieux sont « parties civiles » contre lui. Chantal a un bon avocat. Il reconnaît tout et assume la responsabilité de ses actes. « Tout fut fait pour bien du peuple » sera sa ligne de défense.
Le tribunal penche pour lui, c'est un acquittement ou presque. Ses 9 mois de prison ont largement payé ses débordements. Il ne paiera rien aux parties civiles. En contrepartie, Il doit laisser sa place à De Sénaillac qui a assumé le rôle de chef de la milice pendant son emprisonnement ; d'autre part, l'arbre de mai et sa pancarte seront détruits ...
EPILOGUE : ce n'est que le début de la révolution qui ne se terminera qu'en 1802 ; mais le régime de la Terreur qui suivit, les dénonciations, déportations, décapitations feront peut-être l'objet d'une autre histoire ...
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